Urgence écologique

Désordre intellectuel ici et marée migratoire de réfugiés écologiques là-bas, le dérèglement climatique planétaire met en évidence la surproduction des G.E.S. dans nos sociétés « développées »  par notre croissance industrielle et les activités des domaines agricoles et alimentaires.

Actuellement, les politiques n´ignorent plus la réalité de la dégradation de l´environnement. Les gouvernements des pays industrialisés doivent assumer leur responsabilité face à l´augmentation des gaz à effet de serre à l´origine du réchauffement planétaire et du dérèglement climatique, qui touche plus particulièrement les populations du Sud. En Afrique, d´après l´estimation de l'ONG britannique Christian Aid (rapport publié le 14 mai) plus d'un milliard de personnes devraient migrer d'ici à 2050 à cause du réchauffement climatique. Dans ces conditions, les hommes développent un instinct de survie, certains réagissent aux agressions, d´autres mettent en oeuvre une mission de sauvegarde pour répondre à l´urgence écologique.

 

 

Explosion du CO2

Notre système économique est basé sur la boulimie de consommation. Le droit de polluer obéit à la logique des marchés financiers et au traitement colonialiste (en achetant des droits aux pays endettés) et c´est ainsi que le marché du dioxyde de carbone a explosé. Aujourd´hui, le carbone s´accumule dans nos assiettes à travers les transports autoroutiers en croissance constante et l´utilisation effrénée de pesticides dans l´agro-industrie.

Le système productiviste encourage le maïs qui  pompe les nappes d´eau, appauvrit les sols, avec des ensileuses gourmandes en fuel, l´usage du round-up (toxicité reconnue pour les cellules embryonnaires humaines selon le CRIIGEN)  est sur-subventionné pour engraisser l´élevage intensif. Ce système détruit d´immenses forêts, véritables poumons climatiques (puits de carbone) en Amérique du sud avec la culture de soja et en Asie avec le palmier à huile (éthanol à rendement énergétique proche de celui de la canne à sucre).

Le soja traverse l´Atlantique sur de gros cargos pour nourrir le bétail européen, tout en sachant que le bétail est très énergivore (il faut 7 calories végétales pour produire une calorie animale). Les produits carnés (base de l´alimentation occidentale) ont une incidence notoire sur l´émission des G.E.S. alors que la production végétale peu gourmande en énergie ne reçoit, quant-à elle, qu´une aide mineure en provenance de la P.A.C.

 

Enjeu pour les générations futures

Ainsi, les productions énergétiques (les agrocarburants) concurrencent directement  les productions alimentaires et mettent en péril la population des paysans du Sud (augmentation des prix des matières premières et transformées). « Le capitalisme n´apporte plus le bonheur ? » titrait  le magazine libéral «The Economist» récemment, les dépossédés des terres par les latifundistes sud-américains et européens (Roumanie) l´expérimentent par la voie des fermes « intégrées » aux mains des exploitants de l´agrobusiness.

Dès lors, la remise en question de notre modèle de développement devient un enjeu pour les générations futures, cela doit être une gageure pour lutter contre les pollutions, le creusement des inégalités et la paupérisation des paysans du Sud.

 

Respect de l´environnement

La FAO (Organisation des Nations Unies pour l´Alimentation et l´Agriculture) encourage désormais les États à intégrer le mode de production biologique dans leur stratégie de développement, celui-ci pourrait satisfaire la demande alimentaire mondiale tout en réduisant les impacts sur l´environnement et la pauvreté. Aujourd´hui, la difficulté d´accès aux achats d´intrants issue de la chimie de synthèse (pesticides, engrais) pour beaucoup de paysans, rend le recours à l´agriculture traditionnelle incontournable. L´agriculture traditionnelle est une agriculture bio par définition, non travestie par l´influence du lobby phytosanitaire et répond aux objectifs de sécurité alimentaire.

Par ailleurs, le choix de produits locaux outre qu´il favorise le développement des entreprises agricoles locales permet de réduire le recours aux transports maritimes, routiers et aériens sur de longues distances et de privilégier la vente directe et les circuits courts.

 

Vers un autre modèle de développement

L´urgence climatique nous amène à repenser notre modèle de développement. Pour cela, il faut :

- Préparer les mutations sociétales liées à la raréfaction des ressources fossiles et encourager la sobriété énergétique

- Accompagner cette prise de conscience et l´évolution des mentalités par l´éducation

- Informer plutôt que communiquer pour échapper à la politique de récupération des multinationales de l´agroalimentaire et de l´énergie qui usent du marketing de « blanchiment » idéologique

- Promouvoir dans les collectivités territoriales - restauration collective - une alimentation saine et durable qui respecte l´environnement en réduisant drastiquement les émissions de G.E.S. par la relocalisation des activités et l´utilisation des énergies propres.

 

Enfin, pour réduire notre empreinte écologique, la volonté politique doit s´affirmer par la politique fiscale (taxes contraignantes sur les émissions) et un engagement citoyen pour une société durable. Dans ce cadre, il est urgent de freiner les politiques libérales qui mettent à mal la planète, et de mettre en oeuvre un autre développement égalitaire et écologique, en remettant en cause la logique des marchés financiers qui détruit l´homme et son environnement.    

 

Gwel@n pour http://consom-solidaire.over-blog.com/