Aucun parti politique, existant ou à venir, ne sera à  même de changer seul la donne à gauche.
Il n'y aura pas,  à échéance  de plusieurs années, une organisation unifiée des 'antilibéraux' ou 'anticapitalistes', et nous le regrettons.


La LCR ne dérogera pas à sa ligne de construction du Nouveau Parti Anticapitaliste, le PCF  est loin d'en avoir fini avec l'introspection.

Le travail sur le projet et les formes politiques dessinant une
alternative est encore en cours, mais nous pouvons franchir une première étape par la convergence, dans leur diversité, des organisations, courants, collectifs, et au delà, de dizaines de milliers de femmes et d'hommes engagés dans les combats féministes, écologistes, sociaux,démocratiques, altermondialistes.

Les Alternatifs approuvent donc la proposition d'Etats généraux de la gauche de transformation sociale et écologique, portée notamment par les collectifs unitaires, et se félicitent du succès de l'appel 'Rassembler' des Bouches-du Rhône, démarches visant à rassembler la gauche de transformation sociale et écologique, la gauche antilibérale.


Si un certain nombre de formations politiques ne s'associaient pas à la démarche de convergence, nous ne baisserons pas les bras, et proposerons l'organisation d'états généraux de la gauche unitaire de transformation sociale et écologique, permettant à tous les secteurs unitaires du camp antilibéral de réfléchir et agir ensemble.


A ce stade du processus, plutôt que la fusion dans un parti commun de gauche critique, l’organisation de la convergence pourrait combiner une alliance permanente de différentes structures politiques, et une structuration à la base unitaire et ouverte.


Cette recherche opiniâtre de la convergence des forces de la gauche de gauche, n'est pas contradictoire avec notre volonté de renforcer et rassembler les forces alternatives autogestionnaires et écologistes au sein d'une organisation commune. Nous affirmons notre disponibilité à tous pas en avant dans ce sens, et faisons dès à présent de premières propositions sur la nature de l'organisation à construire.


NOUS VOULONS UN PROJET ALTERNATIF

Pour répondre à la crise sociale, la crise de la démocratie représentative, la crise écologique.
C'est à partir de la pleine prise en compte de ces trois éléments majeurs que se construit un projet alternatif : en germe dans les luttes sociales auto organisées, prenant en compte les acquis du mouvement altermondialiste (échanges sur un pied d'égalité entre mouvements syndicaux, associatifs, politiques, internationalisme altermondialiste, refus des paradigmes réducteurs 'rouge' ou 'vert', et recherche des synthèses) ; tirant le bilan de l'échec historique des deux modèles dominants au sein du mouvement ouvrier.


Un projet rouge, vert, autogestionnaire, féministe, altermondialiste sera à même d'exprimer la diversité des champs d'action, des formes organisées sociales et politiques, pour permettre la convergence des résistances et bâtir une perspective d'ensemble.
Dans un monde ravagé par le capitalisme mondialisé, l'anticapitalisme doit être le fil rouge de ce projet.

Le féminisme et l'écologie en sont partie intégrante et ne sont pas les contradictions secondaires de l'anticapitalisme qui serait la contradiction principale.


Simplement, même si les dégâts  dans le  milieu naturel sont vieux comme l'humanité,  ils prennent sous le règne du productivisme capitaliste l'allure d'une catastrophe permanente, et même si la domination subie par les femmes a sa logique et son autonomie propres, elle recoupe l'organisation capitaliste du travail où les femmes occupent toujours, pour le plus grand nombre, une place subalterne.

Quant à l’autogestion, elle n’est ni un supplément d’âme ni un objectif lointain pour les lendemains de la prise du pouvoir.  L’autogestion est une exigence immédiate, but et moyen à la fois, pratique dans les luttes et aspiration dans le fonctionnement même des structures associatives, syndicales, politiques. Réapparue en Amérique Latine, elle est vivace dans l’entreprise comme dans la vie de la cité à travers les aspirations tenaces à la démocratie dite participative.


Il s'agit d'avancer sur tous les fronts à la fois.

Cette synthèse permettra de se situer clairement à gauche, et de reprendre le flambeau de l'émancipation sociale,  raison d'être et notion fondatrice de la gauche, des mains de la gauche traditionnelle en pleine débandade.


VERS UN NOUVELLE FORME D'ORGANSATION POLITIQUE, VERS UN PARTI/MOUVEMENT

Pour résister à l'exploitation, aux discriminions, aux oppressions, il faut s'organiser. Dépasser la  juxtaposition des expériences sociales et locales sectorielles, construire un lieu d'échange et de propositions politiques, stratégiques, brassant les engagements, permettant la mise en commun de forces pour gagner.


Mais le besoin d'organisation politique ne peut pas plus ignorer les contradictions de la société telle qu'elle est, que les échecs des forces politiques autoritaires et centralistes ou digérées par l'institution et le compromis érigé en stratégie.


Les Alternatifs proposent de construire un nouveau type d'organisation politique, qu'ils expérimentent déjà en leur sein.


La question de la démocratie interne  est cruciale. il faudra inventer en marchant. Mais il est possible d'avancer dès aujourd'hui des orientations.

Il faut rompre avec le centralisme et la verticalité, formes dominantes dans presque toutes les tendances du mouvement ouvrier, et donner la priorité aux formes de décisions les plus démocratiques dans la perspective d'une organisation autogestionnaire.


Il  ne s'agit pas de faire disparaître toute centralité, mais de dépasser les blocages  issus des cultures politiques autoritaires et délégataires


La forme parti classique doit être remise en cause au profit du mouvement  politique,  ou du parti-mouvement, si l'on veut par cette expression associer l'idée de stabilité à celle de la novation et se dissocier projet inadéquat de nous réduire à la forme 'réseau'.

La nouvelle force  politique participera aux luttes sans imposer son orientation,  ne dirigera  ni les syndicats, ni les associations, ni les mouvements de masse et ne s'y substituera pas.

Le mouvement altermondialiste nous l’a confirmé : coopérations horizontales et en réseau entre syndicats, associations et forces politiques à égalité, absence de hiérarchie entre les terrains de lutte,
Voilà ce qu’il nous faut, voilà la culture politique émergente qui doit nous faire renoncer au parti dirigeant ou, ce qui revient au même, au parti qui s'institue «débouché des luttes».

Les déclarations d'intention ne suffisent pas. Les actes sont décisifs.
Sans formalisme ni spontanéisme, les pratiques autogestionnaires doivent être l'épine dorsale de l'organisation politique, donnent la priorité aux droits  des  adhérents et adhérentes, à  la démocratie, à l’expérimentation, et au déploiement des initiatives individuelles en liaison avec la démarche collective et le primat du collectif.  La rotation des responsabilités, la parité dans tous les lieux de direction seront impératifs.


Des milliers d'hommes et de femmes sont prêts à faire cette expérience, à condition d'être associés à toutes ses étapes.


Le projet doit se faire de bas en haut et non de haut en bas, dans le pluralisme et non pas autour d'une seule organisation. Ni la précipitation  ni l'à peu près ne sont de mise.  La nouvelle culture politique, autogestionnaire, n'est pas seulement le fruit d'une organisation politique nouvelle, elle en est aussi la condition de possibilité.


Les Alternatifs engageront le débat sur ces questions, à la base toujours et au sommet chaque fois que possible, avec les courants, femmes et hommes se réclamant d'une gauche alternative et écologiste, comme avec la LCR ou les collectifs unitaires.
Car plutôt qu’un « nouveau parti »' regroupé de fait autour d’un seul courant politique, c’est d’une nouvelle force politique, mouvement ou parti-mouvement, pluraliste et autogéré, écologiste, autogestionnaire et féministe autant qu’anticapitaliste, dont nous avons besoin.