Nombreux sont les salarié-e-s à rêver qu' « enfin ça pète », c'est-à-dire que les mécontentements se transforment en un mouvement social impétueux qui mettrait un coup d'arrêt aux attaques généralisées contre les acquis sociaux.

 

Dans les manifestations, pas un échange, pas une discussion qui ne tournée sur la nécessité et l'urgence de fusionner les colères et les mobilisations. Chacun-e le sent, beaucoup l'affirment : la seule loi que ce gouvernement connaisse c'est le rapport de force.

 

Mais si le malaise suinte par quasiment tous les pores de la société et si des dizaines de milliers de militant-e-s sont sans conteste disponibles pour la lutte, la timidité de l'opposition parlementaire et le peu d'entrain des confédérations syndicales à appeler ensemble à la mobilisation contre les attaques gouvernementales favorisent l'émiettement des ripostes. Au risque de décevoir et faire douter nombre de militant-e-s, comme cela a été le cas avec le relatif échec de la journée nationale de manifestations pour l'avenir de retraites le 29 mars dernier ou comme l'exprime clairement le communiqué de la CGT de Gandrange

 

Dans un tel contexte, le mouvement des lycéens, soutenu par les syndicats enseignants, prend une dimension emblématique : son extension territoriale, au lendemain des vacances scolaires de printemps, et sa généralisation peuvent amener la population tout entière à rompre avec une certaine forme d'attentisme.

Certes, ce n'est aujourd'hui qu'une hypothèse que beaucoup d'aléas peuvent remettre en cause, mais y a-t-il  plus urgent que de tout mettre en ouvre pour y parvenir ?